L'accent québécois en 5 étapes faciles

Si vous planifiez un voyage au Québec, il se peut que vous ayez besoin d’un petit cours sur la parlure québécoise afin de vous familiariser avec notre accent.

Mais comme on dit par chez nous, faudrait pas capoter avec ça. Toute va être tiguidou tu vas voir, ça va être écœurant. Mais asteure par exemple, commençons par une tite leçon de québécois.

Traduction : Mais comme on dit par chez nous, il ne faut s’en faire avec ça. Tout ira bien vous verrez, ce sera merveilleux. Mais maintenant, le temps est venu de prendre une petite leçon de québécois.

Mais comment faire l'accent québécois ? Ce n'est pas si simple à imiter mais on vous a concocté un mode d'emploi pour vous donner toutes les clés pour y parvenir !
 

Comment faire l'accent québécois?

accent québécois
Apprendre l'accent québécois demande de la pratique, amusez-vous à nous imiter !


 Étape 1: la contraction

Vous remarquerez assez vite que l'accent québécois nous fait prendre quelques raccourcis...

Je suis en vacances = chu en vacances

Réduction du pronom "il" en "y" : Y peut pas venir, Y'est malade, Y'a pas le temps.

Réduction de "elle" en "a" : A perdu sa montre, a pas le temps, a mal au dos ("elle a" devient un A allongé).
 

 Étape 2 : mutation du A en Ô

Je ne serai pas à la fête de Laura = J’s’rai pô à’ fête à Laurô.
 

 Étape 3 : ajout du S entre TU et TI

Penses-tu que ta tirelire est tombée ? = Penses-tsu que ta tsirelire est tombée ?

Est-ce que jusque là tout va bien ? Restez concentrer, l'accent québécois vous réserve d'autres surprises.
 

 Étape 4 : ajout du Z entre DI et DU

C’est dur à dire = C’est dzur à dzire.
 

 Étape 5 : sonorité OI devenue OÉ ou OÈ

Toi tu vas savoir ce que je pense = Toé* tu vô savoère c’que j’pense

La présence du “toé” et du “moé”, pourtant perçue comme LA caractéristique de l'accent québécois, est de moins en moins présente. Toi et moi sont prononcés “toua et moua”, sauf lorsque le locuteur est choqué ou irrité. (On vous avait prévenu, ce n'est pas si simple d'apprendre l'accent québécois :;): emoji)
 

 Étape 6 : tonalité plus basse

Enfin, l’étape finale pour bien maîtriser l’accent québécois (comparativement à celui des Français du moins) est de diminuer sa tonalité d’au moins une octave.

À l’opposé, un Québécois qui tente d’imiter l’accent français aura davantage de succès en augmentant sa voix d’une octave également !

Les expressions québécoises courantes

comment avoir l'accent québécois
Comment imiter l'accent québécois ? Commencez par apprendre quelques unes de nos expressions

Pour mieux vous préparer à votre visite chez nous et en apprendre un peu plus sur l'accent québécois, j’ai cru bon vous faire un petit lexique des expressions les plus courantes. 

Pssstt... si vraiment notre langue vous passionne, découvrez sans plus tarder nos jurons québécois (âmes sensibles s'abstenir :;): emoji) et nos meilleures expressions québécoises d'hiver.

Mais avant, notez qu’au Québec, on ajoute "tu" après les questions : T'en veux-tu ? Il en veut-tu ? Ils en veulent-tu ? Tu m’écoutes-tu ? Je l’ai-tu ?

Ensuite, il faut savoir qu’un vieux « T » ancestral persiste dans les expressions : "il fait frette " (froid), "mon litte" (lit), "viens icitte" (ici), "pomme pourritte" (pourrie.)

Au Québec, le tutoiement est régulièrement utilisé, ne soyez donc pas surpris. Le "vous" ne s'emploie souvent qu'au sens pluriel...


Traduction québécois / français
 

  • T'sais ? : réduction de "tu sais ?". Plusieurs Québécois ponctuent généreusement leurs phrases de cette petite expression, prononcée comme suit : Tsé !
  • Faque : cela fait que; donc; du coup.
  • J'en ai en masse : j'en ai beaucoup, en grande quantité.
  • À c't'heure ou Asteure : réduction de "À cette heure", qui a le sens de maintenant.
  • Envoye-donc ! : lorsque l'on veut convaincre quelqu'un de faire quelque chose.
  • Pantoute ! ou "pas-pantoute" : pas du tout.
  • Tiguidou ! : c'est d'accord !
  • C'est écoeurant ! C'est l'enfer ! : peut être extrêmement négatif OU extrêmement positif.
  • Je suis tanné, c'est plate : j'en ai marre, c'est ennuyant.
  • Je suis mal pris : en détresse, j'ai besoin d'aide.
  • 5 à 7 : sortie dans les bars ou restaurants après le travail pour prendre un verre entre collègues ou amis (équivalent d'un pot, happy hour).
  • achaler ceux qu'on aime : qui aime bien châtie bien.
  • aubaine : achat à rabais, solde.
  • Banc de neige : amas de neige.
  • Barrer la porte : fermer à clef.
  • Bas : chaussettes.
  • Batterie : pile.
  • Bec : petit baiser.
  • Bibitte : insecte.
  • Bienvenue (après un merci) : il n'y a pas de quoi, de rien.
  • Blé d'Inde : Épi de maïs.
  • Blonde / chum : petite amie / petit ami.
  • Bonjour (à la fin d'une conversation) : bonne journée, au revoir.
  • Boisson : alcool fort.
  • Breuvage : boisson non alcoolisée.
  • Ça coûte un bras : ça coûte cher.
  • Ce n'est pas si pire que ça : ce n'est pas si terrible.
  • Cégep : lycée supérieur
  • Chandail : ne désigne pas seulement un gilet en laine, mais tous les hauts de vêtements (t-shirt, pull, etc.).
  • Char : voiture.
  • Chaudron : casserole.
  • Chicane : dispute.
  • Cogner des clous : piquer du nez.
  • Condo : appartement dans une copropriété.
  • Déjeuner : petit-dejeuner
  • Dépanneur : épicerie de quartier où l'on retrouve un peu de tout. Ouvert tous les jours, parfois même 24h/24.
  • Diner : Déjeuner
  • Dispendieux : cher.
  • Fête : anniversaire.
  • Fin de semaine : week-end.
  • Gang : groupe d'amis.
  • Gaz : essence.
  • Gomme : chewing-gum.
  • Jaser : parler.
  • Joke : plaisanterie.
  • Liqueur : boisson gazeuse.
  • Longue distance : appel interurbain.
  • Magasiner : faire les magasins, faire du shopping.
  • Maringouin : moustique.
  • Pâté chinois : met québécois composé de boeuf haché, de maïs et de purée de pommes de terre.
  • Poudrerie : neige légère soufflée par le vent.
  • Poutine : met typiquement québécois composé de frites, de fromage en grains et d'une sauce.
  • Prendre une marche : aller se balader, faire une promenade.
  • Quétaine : démodé, kitsch, ringuard.
  • Ski-doo : motoneige.
  • Souffleuse : chasse-neige.
  • Souper : diner
  • Toune : chanson.
  • Tourtière : pâté de viande en croûte.
  • Tuque et mitaines : bonnet et moufles.


Fait intéressant

apprendre l'accent québécois
Il y a 6 000 000 de francophones au Québec

Les Québécois défendent fièrement la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise en Amérique du Nord.

Le Québec a une population de 6 000 000 de francophones.

Ce véritable village gaulois doit donc défendre sa langue contre l’assimilation devant 250 000 000 d’américains et 25 000 000 de canadiens anglophones.

Cela dit, il y a (heureusement) des endroits au Canada où vous aurez plus de chances de vous faire comprendre en français. Découvrez ici notre article de blog "où parle-t-on français au Canada".

 

L’accent québécois en humour
 

En terminant, j’aimerais vous montrer une vidéo très aimée au Québec de la web émission Les Têtes à Claques !

Vous pourrez y entendre l’accent québécois dans toute sa fougue.

Avez-vous compris quelque chose ? :;): emoji 

 

Voilà !

Et vous, quelle est votre expression québécoise favorite ? Êtes-vous de ceux qui savent bien imiter notre accent ?

Si ce n'était pas encore le cas, on est certain que ce tuto vous aidera grandement à apprendre l'accent québécois.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à vous exprimer dans la zone commentaires ci-dessous.

Simon Lemay

Simon est un Québécois passionné par son coin de pays et désireux de vous le faire découvrir. À ce point qu'il a fondé Authentik Canada et USA, des spécialistes du road trip en Amérique du Nord.

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77 commentaires

johnny 5 mars 2021, 18h23
deux trois expression qui n'ont rien a voir chez nous en france et chez vous à québec :
chez nous les gosses désignes les enfants.... se "branler" ne signifie pantoute se balancer mais se masturber ; ce que vous appelez des suppositoire à grosse van (les voiturettes sans permis) sont chez nous des pots a yaourt.... les "bebelles" de chez vous sont des "babioles" ici ; les foufounes francaises se trouvent de l'autre coté du corps par rapport a chez vous (chez les filles uniquement) et enfin, chez nous la turlutte ne se danse pas puisqu'il d'une gaterie buccale pour parler en termes élégants. merci de nous faire partager votre merveilleuse culture.
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BARRAUD 26 avril 2020, 08h34
Bravo pour votre travail et votre Humour.
Amitiés de France.
Michel
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Sarah Mazière 27 avril 2020, 10h03
Bonjour Michel,
Merci pour ce petit message qui fait plaisir en ce lundi matin !
Amitié du Québec ;)
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Yannick 27 mars 2020, 23h05
Ben, une souffleuse c'est pas un chasse neige pantoute!
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Sarah Mazière 29 mars 2020, 21h20
Salut Yannick,
Comment auriez-vous "traduit" le mot souffleuse pour nos cousins Français ?
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Yannick 29 mars 2020, 22h04
Merci. C'est vrai qu'ils ne connaissent pas trop ça en France. Le vrai terme semble être: fraise de déneigement ou fraise à neige selon:
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Souffleuse_à_neige
Mais c'est pas bien grave
Merci!
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Sarah Mazière 30 mars 2020, 13h03
Merci Yannick, vous nous apprenez quelque chose.
Bonne journée ;)
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La globe trotteuse 15 février 2020, 15h52
"Attache ta tuque avec de la broche" signifie "fais attention ou prépare toi à..."
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Sarah Mazière 17 février 2020, 17h10
Tout à fait, bravo !
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Marina 19 juillet 2019, 05h49
On dit collationner pour le déjeuner et non déjeuner
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Karine Beaudin 22 juillet 2019, 10h29
Bonjour Marina,
Collationner n'est pas un mot qu'on utilise au Québec. On dit une collation lorsqu'un parle d'un petit snack entre deux repas, par exemple, des craquelins et du fromage, une barre tendre, etc.
Bonne journée !
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